Quelques conclusions, donc, à cette navrante histoire :
1 - La direction d’Atos a osé nous objecter l’argument le plus éculé qui soit, l’argument le plus tarte à la crème : Atos ne diffuse pas ses codes sources pour des questions de sécurité ! D’autant plus que d’autres solutions bancaires telles que CyberMUT sont complètement libres (et évidemment sûres).
2 - Cela nous conforte dans notre hypothèse de départ : pour Atos, le logiciel libre n’est qu’un facteur de business, au même titre que d’autres techniques. On peut même estimer qu’Atos n’a pas compris grand chose aux fondements du logiciel libre. Atos n’a retenu qu’une seule chose :
Parlons de l’open source.
Situons nous comme des experts de l’open source.
Editons des livres blancs sur l’Open source.
Bref, générons du biz, avec l’open source.
3 - Au final, Atos nous fait une démonstration assez claire :
Concernant le logiciel libre, il est nécessaire de toujours revenir à ses fondements (échange des savoirs, transparence des processus de production du savoir informatique, libre accès de tous au savoir ).
Une société qui butine le logiciel libre au moment où ça l’arrange (quand ça devient à la mode, au moment où un client en fait la demande...) a forcément une démarche opportuniste.
4 - Et...
Le logiciel libre n’est pas un monde à part, coupé des réalités économiques. Atos est une grande SSII, parmi les plus grandes. Mais c’est une SSII à l’aise dans le système libéral, prompte à épouser les tendances du marché, à les digérer, à les conformer à la satisfaction de ses objectifs intimes : la croissance de son activité, l’augmentation de sa valeur (au sens financier/boursier du terme).
C’est bien pourquoi, au final, le logiciel libre n’est pas par nature synonyme d’échanges, de transparence, de partage : c’est toujours un combat renouvelé, une bagarre qu’il faut reconduire sans cesse.
Un des bons moyens pour mener ce combat : n’accordons notre confiance qu’à ceux qui affichent sans ambiguïté leur attachement aux valeurs portées par le logiciel libre, dans tous les compartiments de leur activité.