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CLISS XXI et le logiciel libre.

7/07/2004

CLISS XXI repose sur 3 piliers un peu comme un tabouret repose sur ses 3 pieds : de manière fondamentalement équilibrée. Le troisième de ces piliers, c’est le logiciel libre.

CLISS XXI s’appuie sur la brèche que le logiciel libre a ouverte dans l’économie des nouvelles technologies. Le modèle du logiciel libre se veut proche des principes de la participation démocratique : des "citoyens" développeurs ont commencé à écrire des programmes, à échanger leur code, à l’améliorer ensemble. Une fois écrits, les logiciels sont proposés aux "citoyens" utilisateurs, qui les testent, font état de leurs bugs, suggèrent des améliorations. Et les produits évoluent ainsi, pour le plus grand bénéfice de tous. Ils ne sont pas la propriété des informaticiens qui étaient à l’origine des programmes. Il n’y a donc pas de licence à payer pour chaque utilisation d’un même logiciel sur différents ordinateurs. Ils sont la propriété de tous, chacun s’engageant à faire profiter les autres de ses propres améliorations. Il s’agit là d’une utilisation véritablement démocratique, responsable et citoyenne du Web.

Concernant le logiciel libre, au delà des points forts techniques de cette nouvelle informatique, ce sont là aussi les aspects politiques qui peuvent retenir l’attention : choisir le logiciel libre c’est s’inscrire à contre-courant du logiciel propriétaire que fournissent les grands groupes informatiques. Ces grandes sociétés informatiques cadenassent le savoir : en particulier, l’utilisation des brevets logiciels n’a qu’un objectif : générer de la plus-value financière, et étouffer toute tentative d’innovation de la part de petites structures, notamment les PME-PMI européennes. Ces sociétés, au coeur de la mondialisation, sont engagées dans une course effrénée pour constituer des mastodontes de dimension planétaire : les plus grosses rachètent les plus petites, avant de fusionner entre elles. Tout cela s’inscrit dans une logique de rentabilité absolue, dont l’exemple le plus parlant est sans doute la délocalisation massive de services autrefois assurés localement. Citons à titre d’exemple la directrice d’un très libéral cabinet d’audit : « En matière de coûts, les entreprises tunisiennes sont très compétitives. Mais elles craignent les nouveaux entrants, et bientôt la Roumanie, qui offrent des prestations à très bas prix. Un ingénieur tunisien est deux à trois fois moins cher qu’un ingénieur européen. Mais l’ingénieur roumain sera deux à trois fois moins cher... ».