Il semble difficile de se passer des services du plus vaste réseau social sur Internet. Autant dire qu’être absent(e) de Facebook peut être perçu comme un handicap.
Cet article tente d’aborder quelques aspects qui invitent à s’interroger, avant de s’enregistrer sur Facebook.
Sommaire
Le point de vue capitalistique
Fiche-toi toi même
La fin de l’anonymat
L’affinitaire et/ou/contre la politique ?
Réseaux sociaux
Crédits
Ce ne sont pas des arguments sur le fond, ce sont des pas de côté qui permettent néanmoins d’aborder ce qu’est Facebook du point de vue de ceux qui le possèdent.
Chacun le sait bien : l’ensemble de nos activités sont façonnées par un système économique, le capitalisme, à l’intérieur duquel le pouvoir appartient aux détenteurs du capital. Ces détenteurs, les capitalistes, sont, en dernier ressort, mus par un seul et même objectif : la rentabilisation de leur mise. En dernier ressort signifie ici que ces détenteurs de capitaux imposeront toujours ce qui leur semble être la meilleure solution pour décupler leur mise.
Alors, qui détient Facebook ?
Extrait de Wikipédia
Récolte et vente d’informations personnelles à des entreprises privées
Depuis sa création, Facebook fait l’objet d’une controverse concernant le respect de la vie privée des utilisateurs. Le logiciel utilise en effet les informations personnelles des utilisateurs afin d’introduire des publicités adaptées à leur profil et vend les informations livrées par les utilisateurs à des entreprises privées, comme c’est indiqué dans sa charte concernant la vie privée. Cette charte indique par ailleurs que Facebook peut aller récolter des informations sur les membres à partir de sources extérieures comme les journaux, les blogs et d’autres sources sur Internet.
Les informations sur les utilisateurs sont également collectées par Facebook pour améliorer ses bases de données et permettre à ses clients de mieux cibler les publicités, en connaissant les comportements de consommation des utilisateurs de Facebook. Les sites tiers peuvent, grâce à Facebook Social Ads, utiliser les informations amassées par Facebook pour envoyer des publicités ciblées en fonction des différentes caractéristiques des profils. Ceux-ci pouvant par exemple contenir des données sur : la sexualité, le niveau d’études, les opinions politiques, la religion, les emplois occupés.
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Les informations sur la vie privée publiées sur Facebook peuvent être lues et utilisées par des personnes à qui elles n’étaient pas initialement destinées.
Certaines entreprises utiliseraient Facebook pour collecter des informations sur leurs employés tandis que des recruteurs s’en serviraient pour leur sélection de candidats : « Les recruteurs appuyaient parfois un refus d’embauche sur des détails privés ainsi collectés »
Chaque internaute, bien malgré lui, laisse une multitude de traces sur internet. Avec Facebook, nous fournissons délibérément une somme d’informations personnelles (goûts, emplois du temps, carnets d’adresses, ...). C’est la grande nouveauté : l’autofichage sur Facebook. On y affiche dans le détail ses goûts, ses habitudes et des informations sur soi d’une utilité indéniable pour le marketing.
Pour valoriser son capital virtuel (les données personnelles), Facebook utilise la publicité sociale et hyperciblée. Le système de publicité sociale Beacon, basé sur le profil des membres et de leurs achats en ligne permet de faire de chaque internaute l’ambassadeur des produits et des marques qu’il consomme. Devant les protestations, ce système a été modifié fin 2007, et nécessite maintenant le consentement de l’internaute.
Depuis, un nouveau système de publicité sociale, plus acceptable, a été mis au point. Avec ses engagement ads, Facebook offre aux annonceurs les moyens d’atteindre le public ciblé pour des résultats de qualité. Une marque peut adresser à sa cible une publicité interactive sur mesure, et des objets virtuels. Ces vignettes publicitaires sont échangées, et se répandent de manière virale. Certains membres se présentent comme des fans d’une marque et n’hésitent pas à en vanter les mérites auprès de leurs amis Facebook.
La surveillance par Facebook est par ailleurs un nouveau moyen de contrôle. Des salariés de Virgin Atlantic ont été licenciés pour avoir critiqué leur société sur Facebook. 22% des employeurs reconnaissent vérifier les profils Facebook d’employés potentiels, ce qui sugère un nombre réel plus élevé. Au nom de l’image de l’entreprise, on généralise des pratiques intrusives qui portent atteinte à la vie privée des salarié(e)s. La surveillance des réseaux sociaux en ligne agit comme un nouveau levier managérial.
Bien sûr, tout celà est habillé d’un nouveau discours : il s’agit de convaincre que les réseaux sociaux offrent de nouvelles libertés. On parle de sous-veillance, d’équiveillance, de surveillance participative, ou encore de surveillance peer to peer. Ces mots passeraient presque inaperçus de ceux qui les formulent, comme de ceux qui les reçoivent. Et s’il s’agissait, ni plus ni moins, de de réhabiliter la surveillance pour en faire une pratique normale et même souhaitable ? La popularité de Facebook neutralise la critique et endort la vigilance des internautes.
Pouvoir voir et savoir être vu seraient source de liberté et de souveraineté. Nous n’avons plus rien à cacher. Plus personne n’a intérêt à se soustraire au regard d’autrui. Être visible est la norme. De plus en plus, exister socialement, c’est exister en ligne, avec des préoccupations telles que être googlable.
L’enjeu est de faire de soi un stratège de la gestion de son identité numérique : contôler sa visibilité, donner une cohérence aux informations publiées, dissimuler ses points faibles...
Ainsi, le management de son image numérique requiert un savoir faire et devient l’affaire d’une élite branchée.
La politique, c’est vivre, composer avec des personnes que l’on n’a pas préalablement choisies. Ce qui se joue avec Facebook, c’est le fantasme d’une sociabilité du zapping, d’un autrui duquel on peut se déconnecter d’un simple clic, c’est à dire d’un lien social fondé non plus sur du politique, mais sur de l’affinitaire.
S’il est effectivement légitime de considérer qu’au sein du politique peut émerger de l’affinitaire et qu’au sein de l’affinitaire peut émerger du politique, il importe d’être particulièrement attentif :
Pour autant, le réseautage social en ligne peut être une possibilité, par exemple au sein d’un territoire, d’une école, d’une entreprise...
Dans ce cas, on pourra préférer la mise en place d’un tel réseau social par l’intermédiaire d’une plate-forme spécifique, décorélée de Facebook. Une telle plate-forme, gérée par les internautes concernés eux même, pourrait s’appuyer sur un logiciel libre tel Elgg :