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L’utilité sociale...va au delà du retour à l’emploi

19/08/2005

Dans sa livraison n°20 (juin-juillet 2005) TESS (Travailler dans l’Economie Sociale et Solidaire), consacre un dossier à l’utilité sociale : Quand l’utilité sociale interroge le service public.

Cette question de l’utilité sociale est au coeur de la problématique des SCIC, qui, telles Cliss XXI, doivent justifier de leur utilité sociale, pour obtenir et conserver l’agrément SCIC. Nous reproduisons ci-dessous un extrait de ce dossier : « L’UTILITÉ SOCIALE.... ...VA AU-DELÀ DU RETOUR À L’EMPLOI », par Jean Gadrey, professeur d’économie à l’université de Lille 1, et auteur, avec Florence Jany-Catrice de : Les nouveaux indicateurs de richesse, La Découverte, Coll. Repères, 2005.

Pour Jean Gadrey, professeur d’économie à l’université de Lille 1, la thématique de l’utilité sociale apparaît en France dans les années quatre-vingt-dix, comme outil de régulation de l’économie sociale et solidaire. Devenue un dérivé de la notion d’intérêt général, elle-même au fondement du droit public et de la construction des services publics, elle concerne à la fois le champ économique (l’utilité sociale des entreprises d’insertion réside entre autres dans la réduction des coûts d’indemnisation du chômage), le secteur de l’action sociale (lutte contre les exclusions, réduction de la pauvreté au nord comme au sud, amélioration de l’environnement), où l’attention est portée à la place des individus (personnes sans domicile fixe, exclus, personnes handicapées) et plus récemment la démocratie de proximité.

Des champs d’action qui sont aussi ceux des collectivités qui ont tout intérêt à s’approprier le concept... en se posant la question de l’évaluation et des résultats.

« Avec des acteurs de l’insertion à Cambrai, nous sommes en train de réfléchir à une évaluation de leur utilité sociale, en relation avec la ville, le conseil général, le conseil régional, la DDTE pour valider des projets expérimentaux de chantiers d’insertion, qui conserveraient des personnes en grande difficulté avec des contrats aidés d’une durée de quatre ou cinq ans. Il s’agit de ne pas se limiter à un indicateur de taux de retour à l’emploi comme seul critère de bon résultat, en mettant en avant divers critères d’utilité sociale : insertion durable des personnes, promotion de l’agriculture biologique, impact sur le cadre de vie et sur les familles des personnes sous contrat, changement du rapport au travail, etc. Les collectivités locales disposent des moyens pour prendre en compte cette notion (par exemple les clauses de mieux-disant social dans les marchés publics). Elles ont donc un rôle essentiel à jouer.