Stéphane Joly a consacré un article aux échanges Penser-Ensemble, sur le thème : « Base élèves : attention ! ». Cet article est paru dans La Voix du Nord et Nord Éclair le mercredi 13 février 2008. Nous le reproduisons ci-dessous.
La société coopérative Cliss XXI a organisé, samedi matin à l’école Jacques-Prévert, une rencontre dans le cadre de son opération « Penser ensemble », afin d’évoquer le sujet du système de gestion informatique « Base élèves » qui fait débat depuis quelques mois.
Cliss XXI est une coopérative spécialisée dans l’accompagnement au développement de systèmes informatiques. Chaque mois, elle organise des débats autour de sujets relatifs à cette spécialisation. Le gérant, Lucien Petit, explique sa démarche : « Ces rencontres permettent à tout le monde de s’exprimer librement et de défendre son point de vue. Nous ne voulons pas arriver avec des positions figées ». Samedi, « Base élèves » était donc au coeur du débat. Il s’agit en fait d’un système de gestion informatique de données personnelles, pour les élèves du premier degré. Cet outil est une aide apportée aux directeurs pour la gestion des élèves et permet un échange plus rapide des informations entre les inspecteurs d’académie et les inspecteurs de circonscription, le tout par internet. Les données sont stockées dans une base académique et aucune administration extérieure ne peut y accéder, mis à part les mairies, en cas de demande, dans le cadre de la loi de prévention contre la délinquance.
L’objectif du gouvernement est que le système soit mis en place dès la rentrée 2008 dans l’ensemble des écoles du pays. Cependant, de nombreux enseignants refusent « Base élèves ». C’est pourquoi l’invitation avait trouvé écho chez certains directeurs d’écoles, enseignants, développeurs informatiques, mais également chez des citoyens préoccupés par le sujet.
La discussion a réuni enseignants, parents, Ligue des Droits de l’Homme, informaticiens...
Un mouvement d’opposition s’est créé, avec à sa tête la Ligue des Droits de l’Homme qui a lancé une pétition courant janvier. Françoise Dumont, secrétaire générale adjointe de la Ligue, était conviée au débat, de même que le bureau local de Liévin dirigé par Jean-Claude Broutin. Leur requête est claire : « Nous demandons l’arrêt de l’expérimentation et la mise à plat du dispositif », précise Françoise Dumont. Cette dernière s’insurge contre certains aspects de ce mode de gestion : « Le problème est que certaines informations vont à l’encontre de la protection de la vie privée, insiste-t-elle. Nous craignons des fuites, et donc que la base soit utilisée à des fins différentes, notamment en ce qui concerne le recensement de l’absentéisme des enfants ou encore le fichage des sans-papiers », poursuit la secrétaire générale adjointe de la LDH. Dans son combat, l’association a déjà obtenu le retrait de certaines données comme la nationalité, l’année d’arrivée en France, l’enseignement de la langue et la culture d’origine.
Françoise Dumont ne se montre pas réfractaire à toute évolution, mais déplore surtout le manque de concertation pour la mise en place du dispositif : « Personne n’a demandé l’avis des directeurs et encore moins celui des parents d’élèves. » Deux heures durant, chacun a pu exprimer son point de vue. Cependant, il reste de nombreux points à éclaircir et le débat devrait se poursuivre dans les mois qui viennent.
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