Le thème de la table ronde est "L’économie peut-elle être solidaire ?". Elle est présidée par Guy Hascoët, ancien secrétaire d’état à l’économie solidaire, et, à ce titre, initiateur du statut qu’a choisi CLISS XXI : le statut SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif).
Les participants à la table ronde, animée par Luc Hossepied, journaliste :
Alix Margado, de la Confédération générale des SCOP, animateur de l’inter-réseau SCIC.
Jean-François Caron, Conseiller Régional du Nord-Pas de Calais, Maire de Loos en Gohelle.
Laurent Duporge, Conseiller Général du Pas de Calais, Adjoint au Maire de Liévin.
Jacqueline Fauth, Conseillère régionale du Nord-Pas de Calais, Adjointe au Maire de Liévin.
Bernard Fautrez, salarié de la SCOP Résonance, Secrétaire Général de L’Assemblée Permanente de l’Economie Solidaire : APES.
Claude Valasek, Délégué général de la CRES Nord Pas de Calais.
Benoît Decq, promoteur des magasins-écoles du commerce équitable.
Emmanuel Vandamme, trésorier de L’Association Nord Internet Solidaire : ANIS, organisateur des ROUMICS 2005.
Lucien Petit, CLISS XXI.
Alix Margado, Lucien Petit, Jean-François Caron, Bernard Fautrez, Guy Hascoët, Claude Valasek
Retour sur la semaine de Baptême Cliss 21 : Ateliers informatiques d’éducation populaire, démonstrations, Linux Installe Partie, etc.
Témoignages d’acteurs présents dans la salle : succès, bonne fréquentation, activités diverses (manipulation PC, bureautique, etc), publics très différents.
Rédaction Compte-rendu : Julie Bailleul – ANIS –
Benoît Decq, promoteur des magasins-écoles du commerce équitable
150 magasins de commerce équitable en France (3 dans la Région Nord Pas de Calais) (400 en Belgique !). Problèmes culturels Nord / Sud en France.
Respect des Hommes et du travail des Hommes.
Commerce équitable : vocation ? Faire du commerce alternatif.
C’est une façon de faire du commerce différemment, d’aborder l’économie différemment (replacer l’homme au centre de l’économie). Mais ce n’est pas un commerce à part.
Ils font de l’insertion en plus (ex à Liévin).
L’économie sociale et solidaire doit faire bouger l’économie traditionnelle.
Lucien Petit, Jean-François Caron, Bernard Fautrez, Guy Hascoët, Claude Valasek, Emmanuel Vandamme, Benoît Decq, Jacqueline Fauth, Laurent Duporge
Guy Hascoët, ancien secrétaire d’état à l’Economie solidaire
Bonnes démarches, des initiatives personnelles ou collectives
Les répartitions sont différentes en fonction des thèmes.
Il faut des gens moteurs / motivés.
Il faut interpeller le métier.
La question qui se pose : comment accélérer les mouvements ?
Emmanuel Vandamme, gérant de la SCOP Insite, et trésorier d’ANIS (l’Association Nord Internet Solidaire), organisateur des ROUMICS 2005
ANIS : L’Internet solidaire est-il marginal dans le monde de l’Internet ?
Réponse : un peu mais pas tant que cela, l’association est représentative. Il existe un réseau, un mouvement global : ANIS, Insite, Cliss 21, Websourd, etc.
Insite : une coopérative de salariés. Dans l’économie classique. Ils tentent de porter ce mouvement dans le réseau. Métiers classiques mais manière différente de faire, de travailler. Les TIC comme un moyen différent de travailler en réseaux.
Usages solidaires des TIC. Comme Websourd : une communauté de personnes sourdes qui a développé des services, sous forme de SCIC. Une coopérative + des collectivités + des usagers, pour développer des services TIC en innovation sociale.
Problématique de l’économie solidaire à travers les TIC : qui amènent des manières différentes de travailler (en réseaux, etc), qui renforcent la dimension d’innovation sociale. Outils techniques innovants en ce sens.
Insite : projet né d’une communauté de travailleurs.
Cas différent de Websourd, né d’une communauté d’usagers.
La mise en réseau apporte quoi ? : à travers ANIS ou e-Toiles : mutualiser les informations, les achats, les formations des salariés, les services, etc.
Avoir une vision différente de la coopération. Change un peu le regard sur le mot de « concurrence ». Même si la notion de concurrence reste valable.
Faire évoluer des pratiques.
Mais l’auto-animation comme dans le réseau e-Toiles demande un investissement certain.
Guy Hascoët, Claude Valasek, Emmanuel Vandamme, Benoît Decq, Jacqueline Fauth, Laurent Duporge
Intervention de Julie Bailleul, Chargée de mission à ANIS
ANIS / ROUMICS : les « Rencontres OUVertes de l’Internet Citoyen et Solidaire ».
Objectif de promouvoir des usages citoyens et solidaires de l’Internet et du Multimédia. Animation de réseau, animation d’un site Internet, et organisation d’événementiels ROUMICS. La première édition le 7 avril dernier à Roubaix, sur le thème « Accessibilité, handicap et TIC » fut un succès : plus de 100 participants, aspect transfrontalier, provenance géographique diverse, typologie de publics variée (Conseil Général, Conseil Régional, acteurs territoriaux (webmaster, responsable service personnes handicapées, …), acteurs du handicap, acteurs associatifs, acteurs sociaux, professionnels des TIC, entreprises telle que EDF, grand public, etc. Déception quant à la faible participation des acteurs territoriaux appartenant aux EPN notamment.) Une réalité : le besoin de sensibilisation, d’informations, sur ces thématiques d’internet citoyen et solidaire ; manque de valorisation, de (re)connaissance. Nécessité des rencontres, d’échanges, d’ouvertures.
Prochaine ROUMICS le 16 juin 2005, à la Faculté de Droit de Lille 2, sur le thème « Les TIC et l’accompagnement socio-professionnel, l’emploi, la formation ».
Lucien Petit, de Cliss XXI
Cliss XXI : Retour sur la semaine Cliss 21, beaucoup de curiosité de la part des particuliers (notamment pour Linux par exemple).
Action du sens très importante pour eux, se situent dans l’économie traditionnelle, volonté de promouvoir le travail autrement.
Dans les PME les motivations sont très différentes, les motivations d’indépendance sont grandes.
La difficulté dans l’action Cliss 21 : que le client prenne la place qu’on veut lui donner.
Il existe aujourd’hui 60 SCIC en France, les types de métiers sont très différents, majorité dans les services à la personne et l’environnement.
SCIC : à la Préfecture, méconnaissance du statut SCIC en mars 2004 ! Obligation de leur montrer les textes de lois. Difficulté évoquée de monter une SCIC : avoir un projet, une économie, un partenariat, etc… Travail long d’où sortie au compte-goutte. Plus long qu’une association loi 1901.
En quoi l’économie peut-elle être solidaire ?
Statut SCIC : permet de se donner les moyens de viser au mieux cet objectif de solidarité.
Jean-François Caron, Conseiller Régional du Nord-Pas de Calais, Maire de Loos en Gohelle
Culture locale de coopération
« Economie de marché » : un peu contre ce principe.
Dans les communes : comment utiliser les budgets comme un outil de résistance ? (marchés, achats plus équitables ?). Proposer des créneaux en plus solidaires. Faire évoluer le marché, l’économie ?
Lien très fort avec l’Histoire (aliénation au charbon). L’Homme considéré comme simple force de travail. Comme machine.
Actuellement, nous assistons à une révolution : l’Homme doit participer à l’économie.
Une pédagogie est à mener, notamment en direction des citoyens.
Appendre à faire appel à d’autres types d’entreprises, d’insertion sociale (différent de la vision de l’entreprise classique). Ces entreprises travaillent tout aussi bien.
Dans l’assistance : des élus, responsables associatifs, chefs d’entreprises, militants de l’économie sociale et solidaire.
Jacqueline Fauth, Conseillère régionale du Nord Pas de Calais
Problèmes des techniciens, des habitudes, des routines. De nouvelles habitudes sont à prendre. Volonté de donner plus de valeur aux marchés.
Des Guides sont d’ailleurs parus à ce sujet.
Claude Valasek, Délégué général de la CRES Nord Pas de Calais
Aborde l’économie sociale (et non solidaire) Débat entre les termes.
Economie sociale : 110 000 emplois. Tous les métiers sont représentés. Et toutes tailles d’entreprises : TPE, PME, grandes Entreprises, etc.
Bernard Fautrez, salarié de la SCOP Résonance, Secrétaire Général de l’APES (Assemblée Permanente de l’Economie Solidaire)
SCOP Résonance : 7 salariés.
La gérance est tournante tous les 3 ans. Trois missions du gérant : manager les équipes (1) ; la responsabilité juridique (2) ; le développement du projet d’entreprise (3).
Source de stress pour les gérants.
Désormais les missions 1 et 3 sont menées en commun ; la mission 2 relève de la responsabilité du gérant.
APES : Existe depuis 2001. Aborde la notion de solidarité (« S » comme « Solidaire »). Repose sur un statut et sur une volonté d’entreprendre autrement.
Gens qui ne se connaissaient pas, métiers différents, statuts différents, parcours différents.
Ce qu’ils avaient en commun : la volonté d’une économie différente qui place l’Homme au centre. Posséder un statut est bien, mais ne suffit pas (le statut SCOP est bien, mais une SCOP peut aussi être égoïste).
Implications : sur les besoins du territoire ; sur les besoins des usagers et des clients ; sur l’environnement (travail mené avec des habitants).
Modèle actuel de Guerre économique.
Question : l’économie peut-elle être solidaire ? : ne comprend pas pourquoi elle ne l’est pas.
Il est pour la concurrence et la compétition. Le mot « concurrence » vient de « courir ensemble » en latin (et non s’entretuer).
Economie solidaire : de la coopération et non de la compétition dans le sens de s’entretuer.
On devient entreprise de l’économie solidaire, on ne l’est pas d’emblée. Et on tente de le rester. Les enjeux sont importants.
Conclusion sur le débat du jour : « on a des approches très diverses de par le métier (informatique, commerce équitable, etc). Mais une problématique commune : on a des difficultés avec nos salariés, nos clients, notre réseau, les collectivités ».
« Maintenir l’Homme au premier plan, au cœur des processus économiques, est sûrement le plus important ». Volonté de s’insérer dans un autre modèle de développement.
Projet collectif de vivre autre chose. Donner la possibilité d’innover économiquement : le rôle du politique. Etre dans une dynamique évolutionnaire (enlever le « R » de « Révolutionnaire »). Prendre la pari que ce qui est petit aujourd’hui prendra peut-être de l’ampleur un jour !
Guy Hascoët, ancien secrétaire d’état à l’Economie solidaire
Question quant au Ministère actuel : Ministère de l’Emploi actuel, pas de personne dédiée à son ancien poste de Secrétaire d’état à l’Economie solidaire
Les marchés sont un moyen d’agir pour les acteurs économiques. Mais le choix des entreprises ne se fait pas en fonction du statut (SCOP par ex) mais en fonction de la compétence. Le statut SCOP intervient peu dans les sélections.
Région Nord Pas de Calais : seule région qui finance le développement du commerce équitable.
La question à se poser en fait : pourquoi l’économie doit-elle être solidaire ?
Pour éviter que les entreprises ne soient trop délocalisables.
Réactions par rapport au politique : dans les appels d’offres, cocher la case « SCOP » ne change rien en réalité (ou peu). Statut pas pris en compte.
INSEE : Etude récente qui montre le poids de l’économie sociale et solidaire : représente 10% des emplois en France aujourd’hui. Et actuellement le plus d’emplois durables créés en France. Poids important prouvé par l’INSEE. L’économie sociale et solidaire a le même poids que l’artisanat.
Le PRDESS : le Plan Régional de Développement de l’Economie Sociale et Solidaire. Les gens ne connaissent pas. Démarche de mise en réseau. Mais long à se mettre en place.
Le projet du Louvre à Lens : lien numérique / culture / et économie ?
Les TIC comme moyen de révéler le capital humain (en équilibrant avec le capital financier).
Faire en sorte que dans chaque programme d’un élu il y ait un axe sur l’économie sociale et solidaire.
Intégrer les notions de solidarité et d’éthique dans les marchés. Ce qui nécessite une volonté politique.
Trouver les hommes et les femmes prêts à favoriser cette manière d’entreprendre différemment.
Le capital a sa logique et en cas de crise cette logique de capital reprendra toujours le dessus. Nécessite des moyens humains et financiers.
La CRES prête à réaliser le Guide des bonnes pratiques.
Toujours avoir de l’audace ; se projeter dans les initiatives ; apprendre à rêver et à se rêver.
Le concept de développement durable : dans la logique économie solidaire.
Les jeunes représentent l’avenir (vont de plus en plus à l’APES, pour développer un projet d’économie solidaire, sans trop savoir ce que revêt ce terme. Ils veulent faire des choses, mais pas n’importe comment). Ils sont porteurs de bonnes pratiques.
Une remarque : si tous les salariés mettaient 5% de leur salaire chaque mois comme dans les SCOP, cela apporterait tous les capitaux nécessaires (lutterait contre le capitalisme). Est-ce une utopie ?
L’économie n’a jamais été aussi débridée. Beaucoup de spectateurs…
L’Europe est-elle une chance pour cette économie là ? Beaucoup de possibilités offertes par les directives européennes. On y parle de Tiers secteur. Des espaces existent.